La municipalité de Saint-Vallier a la chance d'abriter le plus ancien moulin seigneurial de la vallée du Saint-Laurent. Il est situé au centre du territoire municipal, dans un secteur appelé Petit Canton. La construction du moulin fut décidée en octobre 1747 par les Augustines hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Québec, alors propriétaires de la seigneurie de Saint-Vallier. Il fut construit en partie grâce à la dot d'une religieuse. Une vingtaine d'années plus tard, la seigneurie fut acquise par l'honorable Charles-François-Xavier Tarieu de Lanaudière. Ce moulin devait prendre la relève d'un moulin à vent plus ancien érigé sur le coteau, au sud du coeur du village. À l'origine, la grande roue du moulin faisait tourner deux moulanges et une machine à cardes et à bardeaux.
Selon Francine Adam et Cyrille Felteau : « Au cours des ans, et surtout depuis le début des années 1900, les différents propriétaires ont fait subir au toit et à la façade du moulin des réparations et des transformations qui n'auront pas toujours été heureuses. L'arrière, par contre, garde son beau cachet d'époque. ».
Selon Lespinay : la famille du propriétaire actuel, M. René Blouin, possède le moulin depuis 1930. Après avoir vu sa roue à aubes remplacée par une turbine dans les années 1930, le moulin cesse de fonctionner et perd ses mécanismes dans les années 1960. Les entretiens annuels, les rapiéçages et autres réparations de fortune ne suffisent plus à maintenir l'intégrité du bâtiment qui menace de s'écrouler. C'est Mme Claudette Breton et son mari Fernand, de la Société historique de Bellechasse, qui convaincront René Blouin de faire un ultime effort et de se tourner vers le Mouvement québécois des Chantiers jeunesse (communément appelé « Chantiers jeunesse »). Le premier chantier débute à l'été 1992. Tous contribuent, pierre après pierre et poutre après poutre, à une véritable résurrection du moulin de 1747.
En octobre 1995, après 5 chantiers, 5 mois de travail, 55 bénévoles et 17 000 $ de matériaux, le moulin est méconnaissable. Les quatre murs de pierre ont été littéralement reconstruits, le toit est remplacé et de nouvelles lucarnes sont percées. Un escalier de
pierre neuf permet d'atteindre un belvédère d'où on peut admirer le monument. Source : http://id.erudit.org/iderudit/17201ac