À l'origine, le moulin de Beaumont servait à carder et fouler la laine; il a été transformé par la suite (avec l'abandon du moulin Péan situé au bas de la falaise) en moulin à farine et à scie, au milieu du XIXe siècle, par l'ajout de meules pour moudre le grain et de scies actionnées à l'aide d'une roue à eau.
Le docteur Arthur Labrie a fait restaurer ce moulin à partir de 1947, car il se trouvait alors dans un état de détérioration avancée. Le plus urgent était d'arrêter la détérioration du moulin avec la réfection du toit, des fondations et du mur de l'est, sans trop se soucier de son histoire. La plupart des équipements qui avaient disparu ou étaient hors d'usage furent remplacés par de la machinerie plus moderne provenant d'autres moulins. Toutefois, la grande roue à godets a été reconstruite à neuf. Une jetée en béton a remplacé le barrage en bois; l'écluse et la dalle d'amenée ont été refaites. Les travaux de restauration ont été réalisés par monsieur Adjutor Lamontagne, le père de Robert Lamontagne. De 1948 à 1957, ces deux artisans procèdent à la réfection complète de trois planchers et d'un plafond, au remplacement de petits carreaux de vitre, puis au décapage et à la remise au bois naturel de la totalité des murs. Entre 1959 et 1961, Robert Lamontagne et son fils Jean procèdent au remplacement de toutes les pièces vieilles et pourries qui supportent la machinerie, à la suite de l'affaissement du mécanisme de base. Ils ont aussi effectué la réfection du mur de pierre, juste au nord de la grande roue, qui menaçait le moulin d'effondrement, et la construction du réservoir à blé (5 tonnes), à l'épreuve de la vermine et de l'humidité, au coin sud-ouest du moulin, à l'étage de la meunerie. Ce moulin-musée fut ouvert au public en 1967; il n'est pas identique à l'original, car le bâtiment a été passablement retouché.