Le site patrimonial du Fort-de-Beaumont correspond aux vestiges d'une installation de défense côtière construite en 1914, soit au début de la Première Guerre mondiale, afin de protéger le port de Québec. Au début de la guerre, les autorités navales et le gouvernement fédéral prennent conscience de la vulnérabilité des côtes et des grands ports que sont Halifax et Québec. De ces deux ports partent de nombreux navires transportant du ravitaillement et des soldats fournis par le Canada à l'Angleterre et ses alliés. La menace d'éventuelles attaques par des sous-marins allemands, les « U-Boots », rend nécessaire la construction de structures de défense et de surveillance.
Le fort de Beaumont est donc aménagé à un emplacement stratégique par le ministère fédéral de la Milice et de la Défense à la suite de l'entrée en guerre du Canada. Il fait partie d'un système de défense côtière qui protège, en plus du port de Québec, le chantier maritime de Lauzon et soutient l'inspection obligatoire des navires circulant dans le chenal du fleuve Saint-Laurent. Ce système défensif comprenait quatre forts, soit celui de Beaumont, les deux forts de la Martinière à Lévis (le fort d'en haut et le fort d'en bas) et celui de Saint-Jean, sur l'île d'Orléans. Ce dernier constituait la base de surveillance et d'inspection, tandis que les forts de la Martinière formaient l'épicentre sur le plan défensif, avec un plus grand nombre de soldats.
Le fort de Beaumont était constitué de deux casemates, d'un abri à munitions, de structures temporaires en bois et de rails qui permettaient le transport des munitions. Les casemates étaient destinées à protéger les canons et leurs servants. Ces constructions semi-circulaires étaient composées d'un mur en béton d'une hauteur d'environ deux mètres et d'une épaisseur de 4,6 mètres. Une petite baie de 2 mètres de rayon permettait au canon de tirer. Au centre, se trouvait une dalle de béton munie de tiges boulonnées permettant de fixer une pièce d'artillerie. L'abri à munitions était situé à une centaine de mètres des canons. Il s'agissait d'un bâtiment en béton muni d'un toit léger pour limiter les risques d'explosion latérale.
Le fort était doté de deux canons de marine de six pouces de type Vickers, manœuvrés par une garnison du 6e régiment d'artillerie de Lévis. Ce dernier, formé de réservistes de la région et fondé en 1899 à Lévis, constitue le plus vieux régiment d'artillerie francophone au Canada. Vingt-sept soldats étaient en fonction au fort de Beaumont d'avril à novembre, et vivaient tous sous la tente.
À compter de 1915, le fort de Beaumont est utilisé seulement le jour, les deux batteries du fort de la Martinière, équipées de projecteurs, pouvant être en service la nuit.
Le fort de Beaumont est délaissé par les militaires en 1917, l'Allemagne et ses alliés ne représentant plus une menace pour la navigation sur le fleuve Saint-Laurent. En 1920, les canons sont retirés de leur emplacement.