Le territoire actuel de Saint-Anselme commence à se peupler vers les années 1780-1790. Pour les services de la religion, les gens fréquentent alors l'église de Saint-Henri construite en 1782, ou la petite église de Saint-Gervais, datant de la fin du 18e siècle. En 1825, des propriétaires adressent une pétition à l'archevêque de Québec, lui demandant d'ériger une paroisse pour la partie du territoire de la seigneurie de Lauzon située au sud de Saint-Henri. En novembre 1827, la paroisse de Saint-Anselme est érigée canoniquement et il est alors convenu que le futur temple soit élevé au lieu nommé « Le Bassin de la rivière Etchemin ». La municipalité sera pour sa part érigée en 1845. Ce toponyme aurait, semble-t-il, été choisi pour honorer la mémoire de l'archevêque Anselme de Cantorbery en Angleterre. Né à Aoste (Italie) en 1033, il vécut longtemps à l'abbaye du Bec en Normandie et devint ensuite archevêque de Cantorbery. Il décéda en 1109.
L'année 1829 marque le début des constructions liées à la pratique du culte. Une chapelle-presbytère sera construite selon les plans de l'architecte Thomas Baillairgé et de son mentor l'abbé Jérôme Demers, vicaire général à l'archevêché. Tout le bas du bâtiment sera réservé au culte, alors qu'à l'étage, le curé aura son appartement et les habitants leur salle. C'est François Audet dit Lapointe, alors domicilié à Saint-Charles où il vient de terminer l'agrandissement de l'église, qui aura le contrat de construction. En 1846, on entreprend la construction d'une vraie église qui sera terminée en 1850. Quelques années plus tard, toujours selon les plans de Baillairgé, la grande chapelle-presbytère devient presbytère seulement. Le charpentier et entrepreneur François Audet, décédé en mars 1855, est inhumé avec son épouse sous l'église.
L'église dont le plan au sol est en forme de croix latine, avec un choeur en saillie et une abside en hémicycle. La façade, les murs extérieurs et la longue sacristie terminée par une chapelle sont en pierre et la couverture en tôle pincée. La chambre des cloches est située dans la section du bas du clocher à double lanternon. À l'intérieur de l'église, les murs sont en plâtre alors que la voûte, formant un arc surbaissé et décorée de maintes gloires, est en bois. La nef comporte un seul vaisseau et une tribune faisant saillie est installée à l'arrière. Conçues par le même architecte et édifiées par le même entrepreneur, les façades des églises de Saint-Anselme et de Saint-Charles sont presque identiques avec une fenêtre palladienne surmontant la corniche au-dessus des grandes portes et un oeil-de-boeuf plus haut sous le pignon. André Paquet, un natif de Saint-Charles, se verra confier le décor intérieur de l'église, de style corinthien.
Font aussi partie de l'héritage patrimonial religieux le magnifique presbytère à neuf lucarnes de chaque côté du toit recouvert en tôle à la québécoise. Du côté sud de l'église, le cimetière et sa chapelle funéraire de briques rouges construite en 1908. Une allée sinueuse conduit à quatorze épitaphes qui forment les stations du chemin de croix, menant vers un calvaire en granit gris. Une élégante clôture en fonte, coulée sur place, fut installée en 1907. (Source : SHB)