C'est dans le cadre des célébrations du 250e anniversaire de la paroisse de Saint-Charles-de-Bellechasse en 1999 que l'on a commencé à s'intéresser aux vestiges qui affleuraient sur une terrasse surplombant la rivière Boyer.
Les vestiges mis au jour sont essentiellement ceux d'une structure en maçonnerie sèche de forme tronconique inversée qui daterait du Régime français. Les pierres sont empilées les unes sur les autres et maintenues par un peu de mortier, uniquement sur leur face intérieure, ce qui prouve qu'il ne s'agit pas là des fondations d'un bâtiment.
En effet, si les premières observations laissaient croire qu'il pourrait s'agir des restes d'un moulin à vent ou d'un four à chaux, la mise au jour des vestiges a permis de déterminer qu'il s'agirait plutôt d'une glacière, la maçonnerie n'ayant pas été conçue pour soutenir un bâtiment ou une structure imposante.
La glacière ne comprend pas de puits perdu, comme il est d'usage d'en construire pour recueillir l'eau de fonte; elle comporte plutôt trois fentes dans la base de sa maçonnerie, du côté de la rivière, ce qui suggère que l'eau de la fonte de la glace s'écoulait par gravité vers le cours d'eau situé en contrebas.
La fosse formée par la construction du vestige de maçonnerie a été excavée dans un dépôt de sable et de gravier formant un talus à environ 10 mètres au-dessus du niveau de la rivière Boyer.
Situé au confluent d'un des affluents de la rivière, le talus serait un des seuls endroits de la municipalité où l'on retrouve un dépôt de sable et de gravier assez épais pour ne pas avoir eu besoin d'excaver la roche-mère lors de la construction de la structure de pierre, ce qui expliquerait le choix du site.
Un premier inventaire archéologique a été mené en 2001 par l'archéologue Louis-Philippe Picard. Cette première étape a permis d'identifier formellement le site et de procéder à une recherche documentaire et une analyse préliminaire.
C'est à la suite d'une demande formulée par la Commission franco-québécoise des lieux de mémoire communs qui désirait classer le site comme bien culturel que l'on a décidé de poursuivre la recherche en archives et de procéder à une fouille sur le terrain plus approfondie.
Une véritable campagne de fouille a été lancée en 2007, toujours sous la supervision de l'archéologue Louis-Philippe Picard, avec une petite équipe de fouilleurs composée notamment d'étudiants en archéologie de l'Université Laval.
Ces fouilles avaient pour objectif d'identifier la nature et la fonction de l'ouvrage de pierre et de préciser l'époque de sa construction et sa période d'utilisation. On désirait également vérifier la présence de vestiges d'activités reliées à l'utilisation de cet ouvrage de maçonnerie sur la parcelle de terrain l'entourant.
Les archéologues ont eu pour mandat de cartographier le site, d'effectuer des sondages exploratoires à l'intérieur de la structure et au travers de la maçonnerie et de procéder à un relevé architectural du vestige. À la fin des fouilles, la fosse a été comblée avec du sable afin de protéger les vestiges. Le terrain est resté la propriété du ministère des Transports qui en a obtenu une désignation cadastrale spécifique.