Extrait d'un article de M. Roger Patry, publié dans la revue «Au fil des ans» de la Société historique de Bellechasse, à l'été 1997.
« Elle est là, belle comme dans sa jeunesse. Rénovée dans la plus pure tradition. Ancestrale, cette maison trône majestueusement, côté nord de l'avenue Royale, dans le bas du rang Nord, qui fait partie de l'ancien faubourg Labrie, à Saint-Charles-de-Bellechasse. Acquise par Denis Girard et Diane Saint-Pierre (originaire de Beaumont) dans les années 1990, elle a repris vie sous leur dextérité et ils n'ont pas compté les efforts pour la rénover. Que d'ouvrage, de recherches pour parvenir à en faire un joyau du patrimoine de Saint-Charles-de-Bellechasse. Plus de 12 000 heures leur furent nécessaires pour la rendre conforme à son origine.
Elle était l'ombre de ce qu'elle avait été à ses débuts. Il ne restait pas grand-chose de ses premières heures. Le plafond à caissons était encore là, recouvert de peinture. Le foyer de pierre avait été défait, tandis que le plancher de pin était caché par un linoléum. Le grenier, cependant, avait gardé la grandeur de ses origines : plafond cathédrale, poutre taillée à la hache, équerre de racine, donnant un petit aperçu des jours héroïques des débuts de Saint-Charles. La cave était restée telle quelle, basse, laissant voir le solage scellé dans les nombreuses pierres de champ.
La maison est située sur l'ancien lot de Pierre Perrin, dit Lafontaine et, vraisemblablement, elle date des débuts du faubourg Labrie, soit en 1709. En faisant l'inventaire des maisons d'esprit français qui ont encore pignon sur rue dans la paroisse, nous pouvons déduire que cette maison est probablement la plus vieille de Saint-Charles-de-Bellechasse, avec plus de 285 ans d'âge.
Aujourd'hui, elle affiche une certaine noblesse. Située à l'est du village, sur les bords de l'avenue Royale, elle trône majestueusement, sertie au milieu d'un parterre impeccable et de vestiges propres à ses origines, avec son puits en entonnoir, ses clôtures en pierre des champs et en perches de cèdre, son cabanon de style, le tout en harmonie. L'intérieur n'est pas moins entretenu. Les fenêtres à battant laissent passer une clarté qui nous fait découvrir un décor des âges heureux. Sur le plancher fait de madriers de pin, les vieux meubles, avec le rouet et la vieille chaise, forment un tout avec le foyer de pierre. Le sous-sol est doté d'une chambre froide et d'un cellier qui respire le forment du vin qui vieillit.»