Selon Robert Tessier, une école de rang existe dans le rang de l'Hétrière Ouest en 1847. Néanmoins, en 1898, on entreprend de reconstruire ce bâtiment qui s'avère être l'actuel immeuble. Dans les années 1920 et 1930, on recense la présence de lieux d'aisances. Il se pourrait que ce soit l'annexe siuté à l'arrière de l'immeuble, ou l'ancien hangar à bois. La vocation de cette rallonge demeure indéterminée.
Des archives relatent en effet le paiement de salaires à l'institutrice au montant de 16 livres, 0 shillings pour l'année scolaire 1863-1864. En 1869, l'institutrice Angèle Fortier reçoit un salaire de 92 $ l'an. En 1878, la taxe à percevoir est fixée à un centin dans le louis, sur toutes les évaluations de la paroisse; la rétribution mensuelle par enfant dans l'arrondissement desservi est fixée à 9 centins.
C'est l'Oeuvre et Fabrique de la paroisse de Saint-Charles qui avait procédé à la construction des écoles de rang. Assez souvent, les terrains avaient été donnés par un citoyen cultivateur, mais les coûts de construction et d'entretien devaient toujours être assumés par les contribuables de l'arrondissement. Par exemple, encore en 1938, MM. Zotique Couture et Jos. Albert Ruel donnaient une lisière de terrain pour agrandir l'emplacement de l'école numéro 4 du rang Haut du Nord.
En 1943, toutes les écoles de rang ont fait l'objet d'une donation à la Commission scolaire de St-Charles (désignée Municipalité scolaire de la paroisse de Saint-Charles de Bellechasse). L'église catholique ne se retirait pas pour autant du secteur de l'enseignement, comme en témoigne la présence de religieuses et de religieux pendant plusieurs décennies à Saint-Charles.
C'est au printemps de 1964 que toutes les écoles de rang de Saint-Charles-de-Bellechasse furent fermées, suite à la construction d'une nouvelle structure centralisée au coeur du village, le Centre éducatif. Les maisons d'école furent alors vendues à l'encan à des particuliers, les unes après les autres, au prix de 800-900 $.