La procession est une pratique de la liturgie catholique héritée de la France médiévale et apportée en Nouvelle-France par les premiers colons. En 1660, le haut clergé de la Nouvelle-France autorise la construction de chapelles dites de procession. Elles servent notamment de lieux de rassemblement lors de manifestations liturgiques, telles les Rogations et la procession du saint sacrement lors de la Fête-Dieu. On construira des chapelles de procession jusque vers 1900, alors que la coutume des processions, fortement enracinée dans la culture populaire québécoise, disparaîtra graduellement au cours des années 1960.
Les deux chapelles de Saint-Gervais sont construites vers 1817, l'une au nord de l'église et l'autre au sud. Seule celle du nord subsiste. En plus des fonctions propres aux processions, elles ont aussi servi, à la demande des paroissiens, à déposer des dépouilles mortelles de paroissiens la veille de leur enterrement. Cette fonction répondait à un besoin dicté par l'étalement de la paroisse.
La chapelle de procession de Saint-Gervais est restaurée en 1970. Elle est classée en 1981.
Les éléments clés de la chapelle de procession de Saint-Gervais liés à ses valeurs historique, ethnologique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation au bord de la route principale, à la croisée des chemins;
- son volume, dont la nef de plan rectangulaire terminée par une abside en hémicycle, le toit à deux versants légèrement retroussés, le clocheton sur le faîte en façade (base carrée, tambour octogonal, flèche incurvée, croix);
- ses matériaux, dont la maçonnerie en pierre crépie et la couverture en tôle à la canadienne;
- les éléments de la façade, dont la porte à deux vantaux surmontée d'un tympan vitré en éventail, le portail (formé de pilastres posés sur des socles et supportant un entablement) ainsi que la niche;
- les éléments des longs-pans et de l'abside, dont les fenêtres cintrées et les chambranles moulurés ornés d'une clé de voûte;
- les éléments de l'intérieur, dont le crépi des murs, la fausse voûte en berceau lambrissée, la corniche à denticules à la base de la voûte et le cul-de-four à sept pans.
Voici la valeur patrimoniale de cet immeuble selon le ministère de la Culture et des Communications en 2004 : La chapelle de procession de Saint-Gervais présente un intérêt patrimonial pour ses valeurs historique et ethnologique. Reliées au culte catholique, les chapelles de procession constituent une manifestation privilégiée de la religion populaire québécoise. Fréquemment dédiées à un saint patron, elles servent notamment de lieux de rassemblement pour les paroissiens et de reposoirs lors de processions comme celles de la Fête-Dieu et les Rogations, pratiques religieuses importantes au Québec jusqu'au milieu du XXe siècle. Les chapelles constituent des repères visuels et participent à la sacralisation du paysage québécois. Elles sont parfois construites par paires, de part et d'autre de l'église. C'était le cas dans cette paroisse, où seule la chapelle de Saint-Gervais, située au nord de l'église, subsiste. En plus de remplir des fonctions liées aux processions, cette chapelle a aussi accueilli des dépouilles mortelles de paroissiens, la veille de leur enterrement. Cette fonction répondait à un besoin dicté par l'étalement de la paroisse. La chapelle de Saint-Gervais évoque aujourd'hui les fonctions votives et cultuelles liées à ces édifices religieux.
La chapelle de procession de Saint-Gervais présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'édifice est représentatif de l'architecture des chapelles québécoises, caractérisées par leurs petites dimensions, leur toit à deux versants et leur façade d'une grande simplicité surmontée d'un clocheton. Construite vers 1817, cette chapelle en pierre crépie présente une nef de plan rectangulaire terminée par une abside en hémicycle et intègre des éléments d'influence néoclassique, un courant en vogue au XIXe siècle au Québec. Cette influence se reflète dans son portail, rare pour une telle chapelle, et ses ouvertures cintrées aux chambranles moulurés. À l'intérieur, la chapelle présente une corniche à denticules à la base d'une voûte lambrissée et a la particularité d'être conçue avec un cul-de-four à sept pans.
Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.